Discrets et efficaces, les agents des espaces verts s’emploient à entretenir le cadre de vie des Courbevoisiens et à promouvoir la biodiversité locale. Parmi ceux-ci, Caroline Labelle et Joner Felix se distinguent par leur trajectoire atypique et leur passion commune d’un métier associant plein air et amour de la nature.

En apparence, rien ne semblait les prédestiner à concevoir des massifs floraux et à prendre soin des parcs et des jardins de la ville. Pourtant, ils ne regrettent pas le moins du monde leur reconversion professionnelle en tant qu’agents techniques de la direction des espaces verts et de l’environnement. Un choix qui satisfait leur inclinaison pour le vivant, ses incroyables facultés et ses mystérieuses complexités. 

Tous les chemins mènent à la terre 

Instituteur en Haïti, Joner Felix gagne la région parisienne en 2006, après un crochet par la Guyane française. En quête de travail, il trouve une place de plongeur dans la restauration, avant d’être embauché dans le secteur du bâtiment. À la suite de la faillite des entreprises pour lesquelles il travaillait, son « envie de nature » l’oriente vers un CAP de paysagiste. « En 2019, j’ai obtenu à la fois mon diplôme et la nationalité française », se réjouit ce père dévoué de trois filles, qui rejoint bientôt la mairie de Courbevoie. Quant à Caroline Labelle, elle exerce tout d’abord dans une agence de mannequins à Paris, dans le sillage d’études de stylisme. En 2010, elle interrompt sa scintillante carrière pour élever sa fille. Lorsque sonne l’heure de reprendre une activité, elle opte… pour une formation en aménagement paysager. « L’esthétique me guide, qu’il s’agisse de la beauté humaine ou de celle des plantes », lance-t-elle en guise de trait d’union entre deux mondes que tout oppose. Son brevet professionnel en poche, elle intègre les services municipaux de Courbevoie en 2022. 

Une spécialité exigeante 

Dès 7 heures du matin (7 h 30 en hiver et 6 h 30 en période de canicule), tous deux s’affairent – l’une à Bécon, l’autre dans le Coeur-de-Ville – à planter, pailler, tailler, désherber et arroser. « Les agents qui le souhaitent sont invités à participer à la création des massifs, de la sélection des plantes à leur agencement », ajoutent-ils. De quoi valoriser leur créativité et leur maîtrise du comportement des espèces, dans le contexte du changement climatique et de la prégnance des critères écologiques. Car, ne nous y trompons pas, « c’est un métier de connaissance, d’observation et de précision », comme le révèlent de concert ces deux natifs de la campagne. « Même si c’est parfois fatigant, je viens travailler le sourire aux lèvres », témoigne Joner, touché par les marques de reconnaissance des Courbevoisiens. Satisfaite de l’heureuse complémentarité de son équipe, Caroline ne cesse, pour sa part, de « creuser pour en apprendre davantage sur [son] nouveau domaine de compétence »

Leurs projets ? « Retourner en Guyane à la retraite pour cultiver mon jardin », confie Joner, qui y a déjà planté des dizaines de bananiers lors de ses derniers séjours outre-Atlantique. Caroline ne manquera sûrement pas non plus de faire fructifier, d’une manière ou d’une autre, tout ce qu’elle aura appris et expérimenté dans les espaces verts de Courbevoie. 

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