C’est déjà la troisième édition du prix des Bruyères, le concours d’écriture de nouvelles organisé par Courbevoie. Les quatre lauréates ont reçu leur prix vendredi 5 décembre, à l’occasion des 24 h des mots. Zoom sur ces autrices qui font vivre Courbevoie avec talent !
Sur la photo, de gauche à droite : Astrid Langlois, Cécile Renault, Marielle Messaoui et Nassoun Diallo (crédit photo : Yann Rossignol).
Le Dernier voyage, de Cécile Renault
Cécile Renault écrit depuis son plus jeune âge. « Urbaniste de profession, je suis très sensible aux liens que nous créons avec les espaces qui nous entourent. Je m’intéresse également à ces personnes du quotidien, que nous croisons tous les jours et dont nous ignorons l’histoire, ces acteurs invisibles qui forment la ville. » Sa nouvelle, qui nous balade à travers Courbevoie sur la ligne du bus 275, est d’une grande sensibilité, avec un épilogue surprenant et émouvant. Pour Cécile, ce prix est un encouragement. « Je continue d’écrire et j’espère, l’année prochaine, sortir mon premier roman. »
« Être conducteur de la ligne 275, c'est glisser le long de la colonne vertébrale de Courbevoie. Les paysages défilent et sont liés entre eux par cette départementale que parcourt Jo' plusieurs fois par jour. Sur cette unique ligne, il voit l'essentiel de Courbevoie […]. Jo' apprécie son travail. Tout est fluide. Tout est calme. Surtout, tout est simple. »
Extrait de la nouvelle Le Dernier voyage
La Seine, ses ombres et ses lumières, de Marielle Messaoui
« C’est une animatrice du centre culturel qui nous a proposé de participer au prix des Bruyères dans le cadre de l’atelier d’écriture. C’était un challenge personnel que d’écrire une nouvelle en quelques semaines. Je me suis inspirée d’émotions et d’expériences vécues qui me semblaient intéressantes. Dans le passé, je croyais que lire et écrire étaient des activités qui nous isolaient du reste du monde. J’ai découvert qu’au contraire, cela pouvait être une source d’échanges et de rencontres. » Avec beaucoup de retenue, Marielle Messaoui nous fait cheminer avec Cécile qui, après la perte de sa fille, se retrouve, sans l’avoir vraiment prévu, inscrite au club d’aviron de Courbevoie.
« Depuis le départ de Sarah, Cécile avait pris l'habitude de se promener tous les soirs sur les bords de Seine. Vers 18 heures, elle sortait de son bel appartement du 8, parc de Lattre-de-Tassigny et traversait tranquillement le petit parc pour se diriger vers la rue Molière. […] Avant, elle aurait observé avec ravissement le jeu des petits. […] Maintenant, elle ne voyait plus les tulipes, les jonquilles qui brillaient […]. Elle ne humait plus l'air parfumé du printemps rempli des mystères du bonheur à venir. »
Extrait de la nouvelle La Seine, ses ombres et ses lumières
So far away from Courbevoie, d'Astrid Langlois
Passionnée de lecture et d’écriture depuis toujours, Astrid Langlois a déjà envoyé plusieurs manuscrits à des maisons d’édition. « Ce prix, c’est un vrai coup de boost. Une comédienne a lu nos textes et c’était très fort de voir les réactions du public. » Pour ce concours, Astrid a écrit une nouvelle qui flirte avec le fantastique en partant d’une idée simple : Courbevoie disparaît… Les frontières s’effacent, le trouble s’invite dans l’histoire et c’est très drôle. « J’avais en tête les nouvelles délirantes de Boris Vian et, pour moi, c’était un vrai défi d’écrire sur l’irréel. »
« Vous ne me croirez pas , personne ne pourra croire cette histoire. Il y a une semaine, tout a commencé avec une enveloppe, une simple enveloppe et sa banale adresse, la mienne. Enfin, presque, c'était ça le problème. […] En lieu et place de ma ville était mentionné celui d'une autre ville, la ville voisine plus exactement. »
Extrait de la nouvelle So far away from Courbevoie
Souvenirs flous, de Nassoun Diallo
Entre deux campagnes de com’, cette experte en marketing prend la plume avec plaisir. « Pour moi, c’est une manière d’observer le monde, de capter les nuances de chaque vie et de leur donner forme à travers les mots. » L’inspiration pour cette histoire de périple initiatique ? « Elle vient d’un moment particulier de ma vie. Je traversais une période de flottement et j’ai entrepris un voyage pour lequel je n’étais pas très enthousiaste, à l’image de l’héroïne. Petit à petit, ce moment a eu un effet transformateur. » Nassoun Diallo travaille actuellement à un autre manuscrit. « Ce prix est un encouragement à poursuivre mon rêve : partager mon imaginaire, mes émotions, offrir aux lecteurs cette échappée que l’écriture me procure. »
« Ce voyage, je ne l'avais pas choisi. C'est Mia, ma meilleure amie, à l'énergie d'un feu d'artifice, qui m'avait inscrite à un programme culturel international à Courbevoie. J'ai cru à une blague.
- Un voyage ? Non mais t'es sérieuse ? Je paie ça avec quoi ? Mes larmes ?
- T'inquiète, tout est pris en charge. Ça te fera du bien.
- J'ai pas le temps pour ces conneries. »
Extrait de la nouvelle Souvenirs flous
Leurs textes sont publiés dans un petit recueil gratuit, imprimé à 1 000 exemplaires aux éditions Novice, une maison d'édition indépendante qui accompagne le prix depuis le début. Ils sont disponibles dans les librairies de la ville et en prêt dans les bibliothèques.
Le prix des Bruyères est un concours d'écriture de nouvelles de la ville de Courbevoie qui existe depuis trois ans. Parmi les critères de sélection, les manuscrits doivent intégrer Courbevoie dans le récit.
Calendrier 2025 :
- appel à manuscrits du 24 mai au 20 juillet (prolongé jusqu'au 25 août)
- délibération du jury en septembre
- remise du prix le 5 décembre