Les épisodes caniculaires successifs et les fortes chaleurs persistantes ont durement affecté les organismes cet été. Les nôtres, mais aussi ceux des arbres, arbustes et massifs de notre ville, exposés à des températures suffocantes, accentuées par le mécanisme d’îlot de chaleur urbain. Face à ces phénomènes récurrents, la direction des espaces verts et de l’environnement se mobilise activement pour s’adapter au changement climatique.

Quels sont les effets des températures élevées sur les plantations en ville ? 

Les pics de chaleur, a fortiori les canicules, sont susceptibles de provoquer un stress hydrique : arbres et plantes subissent un desséchement, voire des brûlures foliaires, pouvant entraîner leur dépérissement, voire leur mort prématurée. En milieu urbain, leur capacité de résistance est, de plus, mise à mal par l’imperméabilisation des sols, la réverbération de l’asphalte et des façades bétonnées, ainsi que la chaleur induite par la circulation automobile et autres activités humaines. 

Quelles mesures ont été prises cet été par les agents des espaces verts pour les atténuer ? 

Faute de systèmes automatiques généralisés, les jardiniers, épaulés par leurs collègues de la voirie, ont procédé à l’arrosage manuel des plantations, privilégiant les plus sensibles à la sécheresse, à savoir les arbres de moins de deux ans, qui bénéficient de soins systématiques, et les plantes en jardinières et balconnières. La fréquence dépendait de l’exposition des sujets : tous les jours pour les jardinières du pont de Levallois, dépourvues d’ombre, deux fois par semaine pour les autres, tous les dix à quinze jours pour les arbres. Afin de contrer l’évapotranspiration et l’effet « loupe », mais aussi de préserver la santé des agents, ces opérations ont été entreprises, pendant tout l’été, aux premières heures de la journée. Pour en optimiser l’efficacité, les arrosages ont été effectués en quantité et en pied d’arbre ; ainsi, les systèmes racinaires ont pu tirer le plus grand profit de cette ressource essentielle. Certains Courbevoisiens se sont émus des pelouses jaunies. Qu’ils se rassurent : robustes, elles reverdissent sans difficulté au retour de la pluie. 

Quel est le bilan des fortes chaleurs estivales sur les plantations courbevoisiennes ? 

Malgré les efforts consentis par les jardiniers, les températures extrêmes ont eu raison d’un copalme d’Amérique au parc Delage et de bouleaux verruqueux sur la place des Trois-Frères-Lebeuf. D’autres sujets présentent des signes de dépérissement. C’est notamment le cas de trois hêtres des parcs Charras et Freudenstadt, de deux zelkovas du Japon du parc Delage, de plusieurs sorbiers et cerisiers du Japon et des arbres de Judée de la Défense (repartis depuis). Ces sujets ont été placés sous surveillance et seront remplacés s’ils ne se rétablissent pas d’ici le printemps. En effet, en raison des stratégies de survie adoptées par les différentes espèces (exemple : sacrifice des feuilles au profit des tiges et des racines), il convient d’être prudent avant de condamner l’arbre selon son apparence actuelle. Par ailleurs, les arbustes et vivaces, au système racinaire moins profond, ont particulièrement souffert, notamment sur la voirie. 

Quelles stratégies sont adoptées à long terme pour faire face aux évolutions climatiques ? 

Depuis 2003, les équipes tirent des enseignements de la réaction, immédiate ou différée, des diverses essences aux vagues de chaleur estivales, qui s’avèrent de moins en moins exceptionnelles. À mesure que se consolide cette expérience, la palette végétale est progressivement adaptée aux effets du changement climatique. Les derniers épisodes caniculaires devraient ainsi contribuer à l’abandon, dans les nouvelles plantations, du hêtre, du bouleau verruqueux et du sorbier en faveur d’essences plus résilientes, telles que l’érable champêtre, le micocoulier de Provence ou le tilleul argenté. Notons aussi que la variété des espèces plantées et la gestion écologique de l’eau dans les parcs et jardins (noues paysagères, mesures tensiométriques permettant d’ajuster les quantités d’eau à apporter à chaque sujet, etc.) ont participé à la bonne santé globale des espaces verts courbevoisiens, mieux armés pour affronter la fournaise. À titre d’exemple, les arbres plantés cet hiver dans les cours d’école ont bien supporté les fortes chaleurs de l’été 2026. Un travail de longue haleine qui se poursuivra dans les années à venir. 

Et les Courbevoisiens dans tout ça ?

Afin que petits et grands puissent se détendre à l’ombre bienfaisante des arbres pendant l’été, les horaires de fermeture de plusieurs parcs et jardins ont été portés à 22 h à la saison chaude (jusqu’à 23 h en cas de « vigilance rouge »). En outre, des bornes d’eau potable sont implantées dans la plupart des espaces verts. La liste est consultable sur le site Internet de la ville. En cas d’indisponibilité d’une fontaine, un flashcode permet de localiser la plus proche.

Que faire pour protéger mes plantes contre la canicule ?

1. Choisissez les végétaux que vous plantez en fonction de l’exposition de vos balcons et jardins (certaines espèces préfèrent l’ombre au soleil, et inversement). Favorisez, de manière générale, les variétés résistantes à la chaleur. 

2. Arrosez tôt le matin ou à la nuit tombée pour éviter l’effet « loupe » et limiter l’évaporation. 

3. Si une plante vous paraît mal en point, ne coupez pas ses feuilles, au risque de lui imposer un stress supplémentaire. Il est possible qu’il s’agisse d’un mécanisme de défense qui ne préjuge pas de son sort. Laissezlui l’opportunité de « repartir ». 

Le saviez-vous ?

Un érable champêtre a été planté dans le parc du Vieux-Cimetière, le 10 octobre, dans le cadre du festival Atmosphères.

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