Pendant une semaine, six lycéens courbevoisiens ont troqué les stylos et les cahiers contre les pinceaux et les rouleaux. En participant à un chantier de rénovation, ils ont contribué à embellir leur cadre de vie tout en finançant leur permis de conduire. Une expérience humaine qui va bien au-delà de l’aide financière.

Sous le soleil de la fin juin, l’ambiance est studieuse au boulodrome de la rue Lambrechts. Rouleaux en main, Abdoul, Élisabet, Abdul-Rahman, Mohamed-Essam, Rani et Ismaël donnent un coup de propre à un mur devenu terne. Tous sont en terminale et, pendant cinq jours, ils participent à un chantier éducatif organisé par la direction de la prévention médiation de la ville, en partenariat avec les services techniques et l’entreprise AD Repar. En contrepartie de leur engagement, chacun bénéficiera d’une bourse de 400 € pour financer son permis de conduire. « J’ai postulé pour l’aide financière, mais aussi pour vivre une expérience enrichissante et participer à l’entretien de la ville », explique Rani, futur étudiant en médecine. « On rencontre d’autres jeunes qui ont des parcours différents, on échange beaucoup et on apprend les uns des autres. »

Bien plus qu’un chantier

 Avant même le premier coup de pinceau, les participants découvrent les règles de sécurité, les bases techniques du métier, mais aussi les codes du monde professionnel : ponctualité, travail en équipe, respect des consignes et des objectifs. « Ce dispositif permet de transmettre des valeurs essentielles : le respect des autres, des encadrants, des horaires, le goût de l’effort et du travail bien fait, souligne Thierry Véloupoulé, directeur du service prévention. Pour certains jeunes, cette expérience peut même déboucher sur une formation ou un emploi. » La sélection des participants ne repose pas sur un profil type. Les candidatures sont étudiées afin de constituer des groupes mixtes, réunissant des lycéens aux parcours, projets d’études et expériences variés. L’engagement dans des actions citoyennes est aussi pris en compte. Le dispositif accueille également certains jeunes effectuant un travail d’intérêt général, orientés par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Intégrés à des groupes de réussite, ils retrouvent un cadre valorisant qui favorise la prévention de la récidive et peut même susciter des vocations professionnelles. 

Créer des liens et ouvrir des perspectives 

Au-delà de la rénovation des bâtiments, ces chantiers participatifs renforcent aussi le lien entre les jeunes et leur environnement. Médiateurs, policiers municipaux ou gardiens d’immeuble viennent régulièrement à leur rencontre pour présenter leurs missions et échanger avec eux. « Les jeunes sont les meilleurs vecteurs de prévention, observe Karim Ouadoudi, responsable de la médiation au sein du service prévention. Lorsqu’ils ont consacré du temps et de l’énergie à rénover un lieu, ils deviennent naturellement les premiers à vouloir le préserver. » Pour Mohamed-Essam, lui aussi futur étudiant en médecine, le bilan est déjà très positif : « J’aurai besoin du permis pour travailler pendant mes études et gagner en autonomie. Même si je ne me destine pas au bâtiment, c’est toujours utile d’acquérir des compétences manuelles. Et c’est très satisfaisant de voir concrètement le résultat de notre travail. »En 2026, 101 jeunes ont participé à un chantier éducatif à Courbevoie : 51 mineurs pour financer leur brevet de sécurité routière et 50 majeurs pour leur permis de conduire. Une initiative qui conjugue citoyenneté, solidarité et insertion, tout en laissant une empreinte bien visible dans la ville. 

Vous avez entre 16 et 25 ans et vous souhaitez participer aux prochains chantiers qui auront lieu en octobre et décembre ? Contactez le service prévention par e-mail à cls@ville-courbevoie.fr

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