Le 1er mai dernier, l’artiste d’origine arménienne a posé ses valises et ses toiles de peinture au pavillon des Indes de Courbevoie, dans le parc de Bécon, pour une résidence de neuf mois. Vous avez peut-être déjà vu ses créations hautes en couleurs lors de la Nuit des musées. Sinon, n’hésitez pas à venir les découvrir à la rentrée, lors des Journées européennes du patrimoine.
Araks Sahakyan est une artiste plasticienne tout autant qu’une sportive de haut niveau. Elle pratique l’apnée depuis très récemment – elle n’a appris à nager qu’il y a deux ans à l’occasion des Jeux olympiques – et vient de participer au championnat mondial de cette discipline en juin. « L’apnée m’apprend à être présente, à écouter mon corps et à rester calme. C’est une discipline exigeante, mais qui m’enseigne beaucoup sur moi et mon art », confie-t-elle.
Artiste européenne
Araks Sahakyan a également déjà beaucoup voyagé. Née en Arménie, elle grandit en Espagne dès l’âge de 13 ans. Polyglotte, elle vient en France pour suivre des études en traduction. « Ma rencontre avec l’art contemporain remonte à 2011, lorsque je vivais à Lille, raconte-t-elle. La ville était alors Capitale européenne de la culture et cela a été une révélation. Plus tard, lors d’un stage en traduction spécialisée dans les arts scéniques à Montpellier, j’ai commencé à développer mes propres projets artistiques. »
La Sorbonne à Paris, les Beaux-Arts à Londres, l’École nationale supérieure d’arts de Cergy et même l’École normale supérieure (ENS) Paris-Saclay, Araks enchaîne les diplômes et les félicitations du jury. Par ailleurs, elle expose en Europe, en Asie et aux États-Unis.
Inspirations
« L’eau, la peau et le drapeau sont trois fils qui traversent mon travail. La peau est au corps ce que la frontière est à un pays, un lieu de contact et d’échange. » En mai, des ateliers étaient organisés avec des élèves des écoles Lamartine et Marcel- Achard sur les thèmes « DraPeaux » et « Carottes d’émotions ». « Il faut écouter ses intuitions, être présent au monde qui nous entoure, être sincère dans ce que l’on veut montrer, c’est mon message aux enfants, mais c’est aussi comme ça que je conçois mon travail. »
L’eau, la vie marine, les couleurs, ces multiples inspirations se retrouvent dans ses œuvres. « Cet été, je vais travailler sur de grands formats autour de cette expérience de l’immersion dans l’eau. »
Dans l’atelier du pavillon des Indes, la jeune femme profite d’un immense espace. « C’est un honneur d’être là, dans ce bâtiment historique, dans ce cadre magnifique. » Se plonger dans la création et travailler pendant des heures, plonger dans l’eau et tenir cinq minutes sans respirer, la vie d’Araks Sahakyan est une performance de tous les instants.
Découvrez son travail sur :
arakssahakyan.com
@arakssahakian






Crédit photos : Yann Rossignol