À l’issue d’un vote reporté en raison des élections, le premier budget du mandat a été adopté par le conseil municipal le 28 avril dernier. Au cœur de cette démarche essentielle, la volonté de préserver la qualité des services à la population et le financement de projets structurants, en dépit des contraintes imposées à la commune.
LES GRANDES ORIENTATIONS BUDGÉTAIRES

La ville doit faire face à une hausse de ses charges obligatoires.
• La masse salariale subit une croissance automatique, à effectifs constants (sans création de postes). La principale raison ? Le relèvement par l’État du taux de cotisation de la commune au régime de retraite des fonctionnaires (CNRACL). En conséquence, la ville devra débourser, cette année encore, 1 M€ de plus.

• La péréquation accuse également une hausse significative. Ce terme désigne les mécanismes financiers qui consistent à ponctionner un pourcentage des ressources des communes les plus riches au bénéfice de leurs homologues moins favorisées. L’ensemble de ces prélèvements s’élèvent à près de 29 M€.
En 2025, Courbevoie avait, en outre, dû participer à la création d’une réserve de précaution, créée par la loi de finance de 2025, dite « dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités territoriales » ou Dilico, à hauteur de 3,7 M€. Cette somme devait être restituée par tiers sur trois ans. En 2026, le Sénat a décidé d’exonérer les communes d’un nouveau prélèvement au titre de ce dispositif.
Fluides : une dépense contenue
Après plusieurs années de forte inflation, qui avait entraîné le doublement de la facture liée aux fluides (eau, électricité, gaz, etc.), les coûts de l’énergie poursuivent leur stabilisation. En outre, d’importants efforts ont été consentis par la ville et ses agents : le contrat de performance énergétique et l’adoption de règles de sobriété ont permis de réaliser une économie de 10 % des consommations au cours des deux dernières années. Le montant a été évalué à 7,2 M€ en 2026 contre 10,5 M€ lors du record de 2023. Une tendance qui demeure toutefois tributaire des incertitudes géopolitiques actuelles.
LE FINANCEMENT DES SERVICES À LA POPULATION

• Les subventions aux associations : en 2025, 140 associations ont reçu des subventions municipales, au titre de leur utilité sociale et de leur contribution au dynamisme local, soit 4,2 M€ et 2,2 M€ de mise à disposition de locaux. Ce soutien sera maintenu en 2026.

• La participation au Val (accueils de loisirs), à la restauration scolaire et au CCAS : afin d’aider les familles courbevoisiennes, la ville a choisi d’accroître son concours au Val (12,1 M€ contre 11,7 M€ en 2025), à la cantine (5,7 M€ contre 5,4 M€) et au centre communal d’action sociale (2,2 M€ contre 1,9 M€).

• L’entretien et la rénovation du patrimoine et des équipements communaux se verront attribuer une enveloppe de 5,6 M€, dont 1,5 M€ pour le contrat de performance énergétique, 600 k€ pour la rénovation des ascenseurs et escalators et 600 k€ pour les travaux de sécurité incendie.
• L’entretien et la modernisation des voiries, des éclairages et de la signalisation bénéficiera d’une somme de 3,1 M€, dont 1,2 M€ destiné au contrat de performance énergétique pour l’éclairage public, permettant de réduire encore les consommations.

• Les travaux et la fourniture en matériels des équipements scolaires et sportifs seront financés à hauteur de 2,8 M€ et 2,7M€ ; 1,1 M€ a été réservé aux structures de la petite enfance, dont la rénovation de la crèche Front de Seine.
• Les travaux dans les parcs et la végétalisation des rues seront poursuivis grâce à une enveloppe de 1,8 M€.
LE FINANCEMENT DES PROJETS


Financés à 80 % par des fonds propres et des subventions sollicitées auprès des partenaires institutionnels de la ville, les grands projets d’équipement mobiliseront quelque 49,9 M€.
UNE DETTE MAÎTRISÉE

La dette demeure stable, mais la capacité de remboursement et l’épargne brute de la ville ont été affectées par les prélèvements exceptionnels exigés par l’État en 2025.
UNE AUGMENTATION MODÉRÉE DES TAUX D’IMPOSITION

En 2025, la ville a dû débourser 11,6 millions d’euros supplémentaires en raison des prélèvements de l’État destinés au redressement des finances publiques. Si, cette année, elle est dispensée du Dilico, ses charges y afférentes ne cessent de s’alourdir, de même que ses dépenses de fonctionnement incompressibles dues à des contraintes externes. De plus, ses capacités d’autofinancement ont été fortement entamées par les ponctions exceptionnelles de 2025. Aussi le conseil municipal s’est-il résolu à voter une augmentation limitée de 2,5 % des bases des taux d’imposition, afin de dégager un produit supplémentaire de 1,5 M€.
Le saviez-vous ?
Courbevoie est la cinquième ville la moins taxée des Hauts-de-Seine, sur un total de trente-six communes.
LE BUDGET EN BREF
Le budget 2026 s’élève à 346,1 M€, dont 266,7 M€ en fonctionnement et 79,4 M€ en investissement.
Les principales recettes
Les recettes de fonctionnement
Flux financiers avec la métropole du Grand Paris (liés à la fiscalité des entreprises que la ville ne perçoit plus) : 105,9 M€
Fiscalité directe (impôts locaux) : 94,2 M€
Produits des services (tarifs payés par les usagers pour les salles de spectacle, équipements sportifs, crèches ; occupation du domaine public ; délégations de service public, etc.) : 16,3 M€
Droits de mutation à titre onéreux (droits perçus sur les ventes immobilières) : 7 M€
Dotations et participations : 7,3 M€
Taxe de séjour : 3,1 M€
Taxe sur l’électricité : 1,7 M€
Les recettes d’investissement
Subventions (région, département, métropole, etc.) : 11,1 M€
Emprunt (prévisionnel) : 10,9 M€
Autofinancement (différence entre recettes et dépenses) : 29,9 M€
Cessions de biens immobiliers : 6,5 M€
Dotations diverses : 5,5 M€

Les principales dépenses
Les dépenses de fonctionnement
Masse salariale : 88,2 M€
Charges générales de fonctionnement : 46 M€
Reversement de fiscalité perçue au territoire Paris Ouest la Défense : 32 M€
Prélèvements de l’État sur les ressources de la ville : 35,7 M€
Subvention au Val : 12,1 M€
Subventions aux associations : 4,2 M€
Intérêts estimatifs de la dette : 4,4 M€
Subvention au CCAS : 2,3 M€
Provisions : 340 k€
Les dépenses d’investissement
Dépenses d’équipement : 49,9 M€
Dont :
- Parc Delage : 10,8 M€
- Aménagement intérieur de la piscine Camille-Lacourt : 2,5 M€
- Réaménagement de l’avenue Gambetta : 500 k€
- Création du nouveau centre horticole : 3,3 M€
- Contrat de performance énergétique (CPE) éclairage public et rénovation de voirie : 3,1 M€
- Travaux dans les structures de la petite enfance, dont rénovation de la crèche Front de Seine : 1,1 M€
- Entretien des groupes scolaires et poursuite de création des îlots de fraîcheur dans les cours d’écoles : 2,8 M€
- Projets et matériel numérique : 2,5 M€
- Parc de Bécon : 500 k€
- Accessibilité des bâtiments : 500 k€
- Sécurité : 630 k€
3 questions à Patrick Gimonet, adjoint au maire et rapporteur général du budget

Quelles sont les priorités budgétaires de ce début de mandat ?
Patrick Gimonet : Nous tenons, en premier lieu, à ce que les Courbevoisiens continuent de bénéficier d’équipements de bon niveau : établissements de la petite enfance, écoles, structures culturelles et sportives, etc. Nous entendons également poursuivre nos actions en faveur de l’environnement et de la transition énergétique. Nos concitoyens sont particulièrement attachés à la végétalisation de leur cadre de vie, à laquelle contribueront le nouveau parc Delage, l’extension du parc de Bécon et la création d’îlots de fraîcheur. Bien sûr, nous maintiendrons nos efforts en faveur de la tranquillité, afin que Courbevoie demeure l’une des villes les plus sûres de France, grâce à une police municipale efficace (pilotée par le maire), qui travaille main dans la main avec la police nationale.
Pourquoi augmenter les taux d’imposition, alors que la commune est exemptée, cette année, d’une charge exceptionnelle votée par le Parlement qui avait grevé son budget en 2025, à savoir les 3,7 M€ du dispositif de lissage conjoncturel ?
P. G. : En 2025, Courbevoie s’est vu imposer par l’État une dépense additionnelle de près de 12 M€. Celle-ci ne s’est pas limitée à la création du Dilico (3,7 M€), mais était également due à une augmentation des prélèvements de péréquation (+ 6 M€ pour le FPIC et + 1,5 M€ pour le FSRIF) et du taux de cotisation au régime de retraite (+ 1 M€). Malgré cela, la ville a réussi à maintenir un budget équilibré en 2025. Toutefois, afin de conserver sa capacité d’autofinancement, nécessaire au maintien de la qualité des services municipaux et à la concrétisation de ses projets, elle est aujourd’hui obligée d’augmenter ses recettes, d’autant plus que la masse salariale (sans progression d’effectifs) et la péréquation ne cessent de s’accroître. N’oublions pas non plus que les communes devraient être à nouveau assujetties au fameux Dilico en 2027. Il convient donc de faire preuve de prudence et d’anticipation. C’est la raison pour laquelle nous avons fait le choix de relever légèrement les taux d’imposition. Concernant les ménages courbevoisiens, seuls les propriétaires de logements (non-sociaux) et de résidences secondaires seront concernés.
Quelles sont les perspectives pour les années qui viennent ?
P. G. : Nous devons boucler le plan pluriannuel d’investissements voué à financer les projets souhaités par les Courbevoisiens. Il s’agit, aussi, d’accompagner les grands chantiers autour de la création du cœur de ville Charras, de l’aménagement des abords des futures gares de la ligne 15 du Grand Paris express et du devenir du quartier de la Défense. Pour être à la hauteur de ces ambitions, alors que l’État sollicite de plus en plus les collectivités pour compenser son déficit global, il est indispensable de s’appuyer sur des partenaires solides, investisseurs publics et privés.
EN RÉSUMÉ
• Le budget primitif 2026 s’élève à 346,1 M€, dont 266,7 M€ en fonctionnement et 79,4 M€ en investissement.
• Les dépenses structurelles liées aux prélèvements de l’État (28,7 M€), au reversement de fiscalité à Pold (32 M€) et à la masse salariale (88,2 M€) sont en nette augmentation.
• De grands projets d’aménagement seront réalisés cette année, soutenus par les subventions des partenaires institutionnels de la commune : acquisitions foncières pour le parc Delage, piscine Camille-Lacourt, nouveau centre horticole, etc.
• Le conseil municipal a voté une augmentation modérée des taux d’imposition pour maintenir la qualité des services rendus au Courbevoisiens. Notre ville demeure cependant l’une des moins taxées des Hauts-de-Seine.