Sur l’initiative de la direction municipale de l’éducation, la mascotte Nounah, dispositif déployé par l’académie de Versailles, a fait son entrée dans tous les établissements primaires de Courbevoie. Mais quelle est donc la mission de cette curieuse peluche auprès des élèves ?
Avec son bec proéminent, ses ailes atrophiées et sa dégaine maladroite, il éveille spontanément la sympathie et la confiance des écoliers. Toutefois, cet attachant dodo n’est pas un doudou. En tout cas, pas au sens où on l’entend ordinairement. Fabriquée dans un Esat (établissement et service d’accompagnement par le travail) par des employés handicapés à partir de tissus recyclés, Nounah, dont chaque exemplaire est unique, assume avec fierté son rôle d’outil éducatif.
Construire un environnement bienveillant
En effet, à travers les histoires, les jeux et les scénarios qu’elle incarne, la peluche, objet transitionnel par excellence, permet de développer les compétences psychosociales des élèves des classes maternelles et élémentaires et de prévenir le mal-être en milieu scolaire, dû aux moqueries, à l’isolement, aux violences, etc. Les aventures et mésaventures du timide et fragile animal mauricien invitent les enfants à exprimer ce qu’ils ressentent, mais aussi à s’ouvrir aux autres et à imaginer des solutions constructives pour résoudre les difficultés rencontrées. Ce faisant, chacun cultive ses capacités d’écoute et d’empathie et hésite moins, le cas échéant, à demander de l’aide.
Cas pratique
« Cette mascotte est un moyen de sensibiliser les élèves par le biais affectif, témoigne Cathy Brack, directrice de l’école maternelle Watteau et membre du pôle ressources contre le harcèlement de la circonscription de l’Éducation nationale. Nous avons imprimé des lettres de la part de Nounah, où elle explique les problèmes auxquels elle est confrontée à l’école : peur de prendre la parole devant la classe, de subir des bousculades dans la cour de récréation, de ne pas réussir à se faire des amis, etc. Les enfants qui s’identifient aux déboires de la peluche verbalisent plus facilement ce qu’ils vivent. Les autres prennent conscience des émotions de leurs camarades et sont incités à les soutenir. Nous organisons aussi des jeux collaboratifs et solidaires autour de la mascotte. J’envisage de créer une "boîte aux lettres de Nounah", dans laquelle les élèves pourraient glisser un dessin ou un petit mot. » Membre à part entière de l’école, cette confidente réclamée par les écoliers, réceptacle des petits et gros chagrins, pourrait aussi favoriser la libération de la parole dans les cas d’atteintes à l’intimité ou d’abus de tous ordres.
Investir dans Nounah, c’est apprendre, dès le plus jeune âge, à désamorcer les conflits qui risquent de se muer en harcèlement. Cette démarche illustre l’engagement de la ville en faveur d’un climat scolaire serein et protecteur.
Nathaly Lederman, adjointe au maire à l’éducation