Redonner un nouvel élan à des femmes victimes de violences. C’est tout l’enjeu du projet Rêv’Elles, simple et indispensable, porté par la ville avec plusieurs partenaires. Chaque année, une dizaine de Courbevoisiennes y participent. Nous les avons rencontrées.
Depuis six ans, le centre communal d’action sociale (CCAS) de Courbevoie propose un projet original à des femmes fragilisées par des violences physiques ou psychologiques, tout juste sorties de leur parcours médical et judiciaire. Il entre dans le cadre des actions du Conseil local de lutte contre les violences faites aux femmes, un dispositif innovant et propre à Courbevoie, calqué sur le Conseil local de santé mentale.
Estime de soi
Imaginé en lien avec deux professionnels, Bénédicte Boccard, psychopraticienne, et Patrick Grang, coach en développement personnel, ce projet – au joli nom de Rêv’Elles – repose sur une série d’ateliers de renforcement de l’estime de soi, individuels ou collectifs, qui aboutissent à un spectacle de restitution. « On y travaille la posture, la voix, la confiance, en leur posant toujours cette question : quelle femme voulez-vous devenir demain ? », explique Sébastien Legrand, le coordinateur du projet. Rêv’Elles commence à être connu. Un appel à candidatures est diffusé chaque année en juin auprès des partenaires du CCAS : le département, la Caf, mais aussi des associations comme L’Escale, l’Adavip 92* ou le CIDFF Nord 92**, le Secours catholique, le Secours populaire… Une dizaine de personnes est alors orientée et s’engage à suivre le programme d’octobre à mars.
Reconstruction
« Ce parcours porte bien son nom, témoigne Rim, l’une des participantes. Je me suis entièrement révélée ; accompagnée de femmes fortes et motivées, je me suis épanouie avec elles. » Laurence renchérit : « Ce parcours m’a permis de rencontrer des gens bienveillants. Il me libère progressivement de ma confusion et m’aide à retrouver qui je suis de façon ludique. » Cette année, le spectacle a eu lieu le 26 mars en présence de plusieurs partenaires, des familles et des amis des participantes. « Toutes acceptent de monter sur scène et c’est déjà une victoire. C’est juste, émouvant et jamais larmoyant », souligne Sébastien Legrand. Ensuite, chacune reprend sa vie. Des amitiés se créent. D’autres portes s’ouvrent. Un nouvel élan a été donné à ces femmes.
* Aide aux victimes d’infractions pénales. ** Centre d’information sur les droits des femmes et des familles.
Photo : Les Courbevoisiennes engagées dans le projet Rêv'Elles, sur scène lors du spectacle de restitution, accompagnées par Bénédicte Boccard et Patrick Grang (premier et deuxième en partant de la droite).
© Yann Rossignol
Témoignages
Ces ateliers permettent aux participantes de sortir du mécanisme d’emprise ou de l’état de sidération qui les bloquent et de faire face à des émotions qu’elles ont enfouies, comme la colère. Sébastien Legrand, coordinateur du conseil local de lutte contre les violences faites aux femmes
Grâce à ce parcours, j'ai pu améliorer mon estime de moi. Ça a été vraiment révélateur pour moi ! Florence
Ce parcours m'a permis de rencontrer des gens bienveillants. Il me libère progressivement de ma confusion et m'aide à retrouver qui je suis de façon ludique. Les épreuves de chacune nous rendent fortes ensemble ; on se sent moins seule. Laurence
Ce parcours Rêv’Elles aura été une belle aventure, faite de belles rencontres et qui m'apporte une plus grande ouverture aux autres. Marie-Victoire